Voici les précieux conseils de Damien Melich, Senior Designer, Lead Facilitator & Directeur de Deloitte GreenHouse France*.

« Les Deloitte Greenhouses sont des espaces physiques situés dans le monde entier et conçus pour aider les clients à résoudre leurs problèmes complexes. Elles appliquent un ensemble de principes éprouvés qui combinent les sciences du comportement, l’analyse, la technologie et la facilitation pour rompre avec les méthodes traditionnelles de résolution de problèmes. »


Vous êtes designer et facilitateur. Quel lien faites-vous entre ces deux disciplines ? 

Pour moi le lien est une évidence. Le travail de designer consiste à résoudre des problématiques, en privilégiant l’innovation  De même, le travail de facilitateur est d’aider les équipes à solutionner leurs problèmes.  D’ailleurs, ce lien évident, ‘résoudre les problèmes’ a été le fil rouge de ma carrière. 

J’ai démarré en tant que designer- produit pour devenir, au fur et à mesure, un designer de systèmes et d’organisations, où l’innovation occupe une place importante.

Comment la facilitation et l’intelligence collective aident-elles à déclencher l’innovation ?

Il faut aller chercher le pas de côté, la disruption. Nous devons comprendre que  “ce qui est connu n’est jamais acquis” et que l’on peut, on doit même, toujours le remettre en cause. En tant que facilitateur, lorsqu’on travaille sur les sujets d’innovation, il faut amener les participants à aborder leurs projets de façon différente. On les accompagne dans leur cheminement, qui n’est pas forcément linéaire. J’ai l’intime conviction qu’il faut rompre avec la pensée linéaire et encourager les équipes à manipuler leurs sujets, dans tous les sens, que ce soit le process, le problème ou la solution.

Pour quel type de problématique faut-il faire appel aux techniques de la facilitation ? 

La facilitation, c’est parfait pour lancer un nouveau projet ou faire un Kick-Off afin de créer un momentum. Lorsqu’il faut vraiment travailler en profondeur, sur une période plus longue, je privilégie d’autres techniques telles que le Design Thinking. 

Quels conseils donnerais-tu à un groupe novice qui souhaite faire appel à l’intelligence collective ?

  • Faire confiance au process.
  • Privilégier le lâcher-prise : Il faut accepter que l’on ne connaît pas à l’avance ce qui va sortir d’un atelier collaboratif. J’aide mes commanditaires à comprendre l’intérêt de voir émerger des sujets inattendus, sujets qui ne sont pas là par hasard : les participants seront plus engagés s’il s’agit de sujets qu’ils ont eux-mêmes initiés.  Je suis souvent amené à devoir convaincre les équipes et les managers qu’il faut accueillir ce lâcher-prise. 

Se méfier de la “facipulation*” : On ne peut pas utiliser un atelier collaboratif pour imposer ou faire accepter une idée préconçue au groupe. 

Quelles sont les erreurs commises lorsque les groupes font appel aux techniques de l’intelligence collective ?

  • Manquer d’ouverture : Il faut accepter de se laisser surprendre par l’émergence de tel ou tel sujet. 
  • Ne pas prendre le temps : Il faut consacrer un moment suffisant pour analyser les sujets en profondeur. J’incite les managers à accorder le temps nécessaire aux participants afin d’assimiler les éléments et trouver les solutions les plus adaptée.
  • Négliger la problématique : Conséquence du manque de temps ! Souvent les équipes, par souci d’efficacité, n’abordent pas le sujet en profondeur et passent à côté du contexte et des enjeux.

* Mot valise - Facilitation et Manipulation


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